1- Besoin d'espace (Thierry Saïd / J. Czerneski)
"Pas un jour qui ne passe sans absurdité, sans que l'homme ne dépasse sa perversité"
Les anglais ont un adjectif pour qualifier l'efficacité de ce genre de refrain : "Anthemic". Les mots sont francs, directs, et osés. Combien de chanteurs osent se dire "seuls, sales et lessivés" ?
2- Héroïne (C. Belaisch / A. Macque)
"Passer sa main dans le feu, et se brûler, de moins en moins... Combattre le mal par le mieux..."
Ce n'est pas de drogue qu'il s'agit, mais bien d'amour. Sous ses allures rebelles, la jeune génération rock est avant tout sentimentale !
3- A c½ur ouvert (R. Jandis / M. Dulac & Yvan Tarlay)
"Je connais ces nuits d'amertume où l'air vient à manquer, où l'on avance dans la brume, seul et les poings serrés"
Ils ont bien tort, ceux qui ne verront là qu'un malaise post-adolescent. S'ouvrir, se découvrir pour l'Autre, ça n'a pas d'âge.
4- Des larmes (Pierrick Lilliu & François Welgryn / Pierrick Lilliu)
"Deux visages se dessinent dans le creux de ma chair, deux visages qui s'impriment et me resserrent"
La première chanson composée par Pierrick sur le matériel musical qu'il vient de s'offrir, fraîchement installé dans son deux pièces parisien... Beau début !
5- S'arrêter là (Patrick Fiori & P.Carmona)
"Si on s'arrêtait là, est-ce qu'on se reverrait ? Est-ce qu'on serait fidèles au pire de nos choix ?"
Des questions sans réponse... qui n'en a pas ? Les points d'interrogation, loin de nous arrêter, sont plutôt ce qui fait avancer.
6- La même erreur (« Leave right now ») (F. E. White, adapté en français par François Welgryn)
"On a tout essayé, tes désirs sont loin de ma réalité"
Constats d'échec, d'une génération qui voudrait croire à l'amour fusionnel.
7- Écoute-moi (Steeve Estatof)
"Éclaire-moi comme le soleil, fais comme si j'étais un enfant-roi"
Paradoxes et contradictions amoureuses. Je te veux et je ne te veux pas. Une zone de flou, d'insaisissable au bout du fil.
8- Bretagne dédicace (Jérémy Chatelain)
"Ton ciel me manque, ta marée basse, en haut d'un phare je te contemple, oh Bretagne dédicace"
Racines rime avec marine. Pierrick avec aquatique. Il y a de l'eau dans les phrases de Jérémy, et des reflets très personnels par dessus...
9- Comme un frère (en duo avec Nicolas Lilliu) (Pierrick Lilliu)
"Si je tombe, c'est avec toi, si je pleure, c'est dans tes bras, si je sais pas, apprends-moi"
Il y a plus viscéral que l'amour et l'amitié. Une jolie leçon de fraternité...
10- Je savais (Pierrick Lilliu & M.Godebama / R. Lacroix & J. Mathot)
"J'ai mal dormi, j'ai lu ta lettre, je t'ai menti et je regrette"
Pierrick, une fois de plus, ne se donne pas le beau rôle. En avouant son côté obscur, il atteint des lumières nouvelles.
11- Là Haut (Pierrick Lilliu & Thierry Saïd / B. Davoli)
"Vous trouverez bien les mots. Vous direz « C'était parce qu'il... » Tout était bleu, presque trop"
Finir l'album sur une histoire de suicide... il fallait oser. Et surtout, il fallait le faire comme ça, avec pudeur et force à la foi